Reflux du nourrisson : une piste à explorer, l’allergie aux protéines de lait de vache

Votre bébé souffre de reflux gastro-œsophagien (RGO) ? Il se peut qu’il s’agisse d’une intolérance ou d’une allergie aux protéines de lait de vache (APLV). Comment repérer ces troubles ? Quel régime adopter pour l’enfant ? Éléments de réponse.

Régurgitations : quand faut-il s’inquiéter ?

S’il est banal qu’un bébé régurgite un peu de lait après la tétée ou le biberon, une fréquence élevée et des signes de douleur associés justifient une consultation médicale. Le pédiatre pourra alors poser un diagnostic de reflux gastro-œsophagien. Bénin, ce reflux disparaît généralement de lui-même lorsque l’enfant se tient debout et commence à marcher.

Selon une étude¹, le RGO touche environ 10,3 % des enfants en France. Ce phénomène est plus fréquent chez les nourrissons (24,4 %) que chez les enfants de 2 à 11 ans (7,2 %), avant de remonter à 10,7 % à l’adolescence.

Cependant, le RGO peut parfois cacher une intolérance ou une allergie aux protéines de lait de vache (PLV).

RGO ou allergie aux protéines de lait : quelle différence ?

En France, on estime que l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) concerne 1,1 % des enfants de 2 à 14 ans². C’est l’une des premières allergies alimentaires observées chez les tout-petits. L’APLV traduit une réaction inappropriée du système immunitaire qui identifie ces protéines (présentes dans le lait de vache et plusieurs laits infantiles) comme des agents pathogènes.

Il ne faut toutefois pas confondre allergie et intolérance. Contrairement à l’allergie, l’intolérance au lactose (le sucre naturel du lait) n’implique pas le système immunitaire ; elle résulte d’une difficulté à digérer cette molécule.

Le reflux et l’intolérance aux protéines de lait constituent les troubles digestifs les plus fréquents chez le nourrisson et partagent des symptômes similaires.

Par ailleurs, une étude souligne le lien entre ces deux pathologies : sur 204 nourrissons de moins d’un an suivis pour RGO, 85 présentaient également une allergie aux protéines de lait de vache (41,8 %)³.

Comment confirmer une intolérance ou une allergie aux PLV ?

Pour déterminer si le RGO est lié aux protéines de lait de vache, la méthode consiste à réduire ou supprimer temporairement ces apports de l’alimentation de bébé. Attention, cette démarche doit impérativement être encadrée par un pédiatre ou un allergologue.

Si le reflux s’accompagne d’un terrain allergique (eczéma, asthme…), l’hypothèse d’une APLV sera systématiquement explorée.

Les signes de l’allergie alimentaire Dans le cas d’une APLV, on observe fréquemment les symptômes suivants :

eczéma ; asthme ; urticaire localisée ou étendue, parfois avec un œdème ; troubles digestifs fonctionnels (douleurs abdominales, coliques, pleurs excessifs, RGO, constipation, vomissements, diarrhées…).

“Les symptômes surviennent généralement quelques heures ou plusieurs jours après l’ingestion, ce qui complique souvent le diagnostic”, précise le Dr Nhan Pham-Thi, pédiatre et allergologue à l’hôpital Necker, membre expert de l’ARCAA.

Quelle alimentation privilégier en cas d’allergie ou d’intolérance ?

Les mères qui allaitent peuvent diminuer leur propre consommation de lait cru, fromages et yaourts, puis observer l’évolution du comportement de leur enfant. “L’objectif n’est pas de risquer une carence calcique en supprimant tout produit laitier, une réduction des quantités suffit souvent”, ajoute le Dr Nhan Pham-Thi.

Pour les autres, il existe des laits infantiles sans PLV, appelés hydrolysats. Si le goût est difficile à accepter pour l’enfant, il est possible de l’ajuster avec quelques gouttes de fleur d’oranger, de caramel ou de sirop.

La diversification alimentaire peut être entamée avec prudence entre 4 et 6 mois, en proscrivant strictement les produits laitiers ou aliments en contenant.

À noter : L’allergie aux PLV peut se déclarer dès la naissance jusqu’à 12 mois. Elle s’estompe progressivement dans 80 % des cas vers l’âge de deux ans. Une réintroduction contrôlée du lait de vache peut être tentée vers 9 à 12 mois, sous surveillance médicale.

Focus sur les boissons végétales Les boissons végétales sont déconseillées pour les nourrissons. Celles à base d’avoine ou de riz ne couvrent pas les besoins nutritionnels indispensables à la croissance d’un nouveau-né.

De plus, le lait de chèvre, de brebis ou de soja peut entraîner des allergies croisées avec les protéines de lait de vache.

Enfin, les boissons végétales à base de fruits à coque présentent un risque d’allergies secondaires au cours de la croissance.

Quoi qu’il en soit, trouver l’alimentation idéale pour bébé nécessite un suivi pédiatrique attentif, ainsi qu’une bonne dose de persévérance et de patience !

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