Allaitement : une synchronisation cérébrale inédite entre la mère et son nourrisson

Une recherche scientifique récente dévoile une fascinante mise en phase des cerveaux maternel et infantile lors de l’allaitement, offrant un éclairage nouveau sur l’attachement qui se tisse dès la naissance.

Au-delà de l’aspect purement nutritionnel, l’allaitement maternel cache un phénomène surprenant : une réelle synchronisation cérébrale entre la maman et son nouveau-né. Une découverte qui aide à mieux comprendre la profondeur du lien qui s’installe dès les premiers instants de vie.

Une connexion bien plus intense qu’on ne le supposait Si les avantages de l’allaitement sont largement documentés, cette étude apporte une perspective inédite sur cette relation fusionnelle en révélant une synchronisation de l’activité cérébrale lors de la tétée.

Marina Boudey, conseillère en lactation et fondatrice de l’organisme

Lact’essence, a récemment décrypté ce processus dans une vidéo pour le compte Instagram de Papa Positive.

Elle décrit l’allaitement comme une continuité sensorielle de la grossesse. Dès ses premiers instants, le nourrisson est attiré naturellement vers le sein par des signaux tels que la chaleur, les odeurs ou d’autres stimuli. Cette “continuité transnatale” sollicite les sens du bébé comme ceux de sa mère, créant une cohésion globale propice au bon déroulement de l’allaitement.

Le rôle des hormones dans cette harmonie cérébrale

Comme l’indique Marina Boudey, des travaux récents ont mis en exergue cette mise en phase des cerveaux.

Cette synchronisation reflèterait un partage d’expérience précoce, corrélé à des ajustements moteurs mutuels et à une corégulation hormonale.

Les hormones essentielles à la lactation et à l’éjection du lait joueraient un rôle clé dans ce mécanisme. Présentes dans le lait, elles seraient associées à diverses sensations corporelles et stimulations sensorielles.

Les scientifiques ont noté chez les mères une activation prédominante du cortex moteur central (ou cortex somato-sensoriel primaire), tandis que chez les nourrissons, l’activité se concentre sur le cortex frontal bilatéral. Les données révèlent ainsi une synchronisation cyclique entre ces zones cérébrales chez le binôme mère-enfant.

Selon les auteurs, cette synergie neuronale contribuerait activement au renforcement de l’attachement maternel.

Une synchronisation qui dépasse le cadre de l’allaitement

Cette découverte ne se limite cependant pas aux mères allaitantes.

Au CHU de Lille, une équipe du Centre Lille Neurosciences & Cognition, pilotée par le professeur Renaud Jardri, pédopsychiatre à l’Université de Lille, a mené une expérience novatrice sur les interactions précoces.

Menés avec la doctorante Marine Gautier-Martins, ces travaux ont démontré une mise en phase similaire de l’activité cérébrale mère-enfant.

Grâce à des électroencéphalogrammes (EEG) non invasifs, les chercheurs ont observé que les ondes cérébrales des deux protagonistes s’alignent lorsqu’ils échangent des regards, des sourires ou des paroles.

Cette connexion neuronale était particulièrement intense lors des épisodes d’attention conjointe, quand le parent et l’enfant fixent le même objet ou vivent la même émotion.

Ces résultats prouvent que les interactions affectives du quotidien, indépendamment du mode d’alimentation, participent pleinement au tissage du lien entre le parent et son bébé.

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